Il y a sept ans se réunissait à Durban en Afrique du Sud la troisième conférence des Nations Unies contre le racisme. Trés vite cette manifestation dérapa en un véritable tribunal contre le droit d’existence Israel et une défense de régimes dictatoriaux. En Avril 2009 les Nations Unies prévoient une «Durban Review Conference». Le romancier et essayiste francais Pascal Bruckner appela récemment au boykott de cette conférence.
Nous, journalistes, chercheurs, artistes, nous solidarisons avec l’appel de Bruckner et lancent un appel aux pays membres de l’Union Européenne et notamment au gouvernement allemand de boykotter la conférence «Durban 2» et de s’engager pour une réforme du conseil des droits de l’homme au sein des Nations Unies.
Vous êtes cordialement invités à vous joindre à cette pétition. Veuillez envoyer vos signatures par e-mail, avec votre nom, profession et lieu de résidence à boycottdurban2@yahoo.de. Les signatures seront publiées sur le site boycottdurban2.wordpress.com.
APPEL: BOYCOTTER DURBAN 2!
En Septembre 2001 se réunit à Durban en Afrique du Sud la troisième conférence des Nations Unies contre le racisme qui a pour ambition la reconnaissance des crimes liés à l’esclavage et au colonialisme. Au programme de cette réunion: l’affichage d’un repentir public de la part des anciennes puissances impériales, la mise en place de réparations afin de hater le dialogue des civilisations et la pacification des mœurs de la communauté internationale. C’est l’humanité toute entière qui, dans le souhait de ses concepteurs, allait, par le biais de cette assemblée solennelle, regarder en face sa propre histoire et en écrire sereinement la chronique.
Hélas cette belle intention a dégénéré très vite en inflation victimaire et en atmosphère de quasi-lynchage à l’égard des ONG isréaliennes et de toute personne soupçonnée d’être juive. La volonté de parvenir, par une sorte de thérapie collective, à une guérison du passé et d’élaborer des normes nouvelles en matière de droits de l’homme analogues à celles de l’ OMC et du FMI n’ont abouti qu’à une explosion de haine que les attentats du 11 Septembre, survenus quelques jours plus tard, vont effacer de l’attention collective.
Toutes les blessures du présent se rouvrent, tous les conflits éclatent et Durban, contre la volonté de ses concepteurs, devient une arène verbale où l’on s’apostrophe, l’on s’injurie, où l’on rejoue la comédie des damnés de la terre face à l’exploiteur blanc. «Par l’intermédiaire de leurs descendants, les morts réclament que justice soit faite car la douleur et la colère sont encore là» avait affirmé Kofi Annan le 31 Aout de la même année dans un langage étonnant de la part d’un Secrétaire généralqui semble plus un appel à la vengeance qu’à l’apaisement. Les délégués, notamment ceux issus du monde arabo-islamique, l’entendront bien de cette façon et feront de la conférence, aux côtés du groupe africain, le lieu d’une revanche tiers-mondiste. L’Occident génocidaire par nature doit reconnaître ses crimes, demander pardon et offrir des réparations symboliques et financières à ses anciens dominés. La colère gronde, attisée par les images quotidiennes de la répression de la seconde Intifada par Tsahal et ces reportages embrasent l’ensemble des assistants.
On y dénonce sans relâche le sionisme, forme contemporaine du nazisme et de l’apartheid mais aussi «la férocité blanche» qui a produit «ces holocaustes multiples que sont la Traite négrière, l’esclavages et le colonialisme en Afrique». Israël doit disparaître, ses dirigeants être jugés par un Tribunal Pénal International comparable à celui de Nuremberg. La concurrence victimaire fait rage, les ONG exigent que la Traite soit considérée comme un génocide et entraîne des réparations à la hauteur de son énormité comme les Juifs en reçurent de l’Allemagne après guerre. Des caricature s antisémites circulent ainsi que des exemplaires de Mein Kampf et des Protocoles des Sages de Sion: sous une photo d’Hitler, un texte affirme que s’il avait gagné, Israël n’aurait jamais existé et les Palestiniens n’auraient jamais eu à verser leur sang. Des délégués sont menacés physiquement, des appels publics sont lancés à la mort des juifs. La farce atteint un sommet quand le ministre de la justice soudanais, Ali Mohamed Osmar Yasin demande des réparations pour l’esclavage alors que son propre pays le pratique encore sans vergogne. Comme si un cannibale s’était prononcé soudain pour le végétarisme ou si Attila avait inventé le Prix Nobel de la Paix.
On aurait pu croire que cette sinistre comédie allait donner lieu à réflexion et que l’ONU ne réitérerait pas deux fois la même erreur. C’était compter sans l’extraordinaire aplomb des dictatures et des fondamentalistes qui ont transformé la Commission des Droits d el’homme de l’ONU en plate-forme de leurs revendications. Prévu pour 2009, Durban 2 promet d’être une réplique de Durban 1.
Les rapports et projets se multiplient depuis 6 ans qui laissent craindre le pire. Le 14 Septembre 2007, au palais des Nations Unies à Genève , Doudou Diène, rapporteur spéciale sur les formes contemporaines du racisme, reprenant de multiples interventions antérieures, accuse les pays occidentaux d’encourager depuis le 11 Septembre 2001 les formes les plus sournoies d’islamophobie, racisme qu’il fait remonter aux premiers contacts de l’islam et de la Chrétienté, notamment les Croisades et la Reconquista espagnole. S’il prend en compte également l’antisémitisme, la «christianophobie» et les autres formes de discrimination religieuse (hindouisme, boudhisme, syncrétismes), c’est surtout le «racisme anti-musulman» qui retient son attention. Partout de l’Europe aux Etats-Unis, les intellectuels, les partis politiques de toutes obédiences nourriraient un stock de griefs contre la religion du Prophète.
Pire : le principe de laicité tel qu’il est défendu par la France «l’interdiction des signes religieux à l’école publique», «la menace d’interdiction de la bourqua dans les lieux publics« en Angleterre, «les déclarations stigmatisant le voile ou la bourqua» relèvent de l’intolérance. Doudou Diène regrette que «la laicité ait mené à la suspicion de la croyance religieuse». Il considère que l’approche «séculaire dogmatique» est utilisée pour «manipuler la liberté de religion». Il n’est pas étonnant selon lui que l’Occident »pilier de l’esclavage et du colonialisme» soit le fer de lance «d’une campagne de dénigrement systématique des intellectuels musulmans» (il pense surtout à Tariq Ramadan) et ait repris à son compte l’idée d’un «choc des civilisations« chère à Samuel Hunttigton.
Quant aux persécutions dont sont victimes les minorités chrétiennes en Orient, en Afrique ou en Inde elles sont, d’après lui, la conséquence malheureuse du prosélytisme des groupes évangélistes nord-américains qui font payer à leurs correligionnaires leur esprit de bigoterie. Bref toute critique du dogme, toute remise en question de la croyance religieuse devrait, selon Doudou Diene, être assimilée à une insulte raciste et sanctionnée! Jésus, Moise, Mahomet, Boudha, Confucius deviennent ainsi des icônes intouchables face auxquelles toute attaque s’assimile à un crime passible de sanctions. A quand le rétablissement du délit de blasphème, digne de l’Ancien Régime etardemment demandé par les intégristes des trois monothéismes ?
On ne sera pas surpris que ce rapport soit ardemment soutenu par l’Organisation de la Conférence Islamique et par une majorité de pays du Mouvement des Non Alignés parmi lesquels les démocraties se comptent sur les doigts d’une main. Car Doudou Diène se garde bien de critiquer les régimes autoritaires d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique Latine, il ne réserve ses flèches qu’aux nations d’Europe ou d’Amérique du Nord accusées de fomenter de véritables pogroms contre leurs minorités. On ne sera pas étonné non plus d’apprendre qu’en Avril 2007, l’Iran a été élue vice-président et la Syrie rapporteur de la Commission pour le désarmement. Cela serait désopilant si ça n’était pas tragique!
Bref l’antiracisme est devenu à l’ONU l’idéologie des mouvements totalitaires qui le détournent à leur profit. Des dictatures ou des semi-dictatures notoires (Lybie, Pakistan, Iran, Arabie Saoudite, Algérie, Cuba, Vénézuela etc) s’emparent du langage démocratique, instrumentalisent la norme sjuridiques pour les retourner contre les démocraties et ne jamais se remettre en question. Une Nouvelle Inquisition se met en place qui brandit le concept de «diffamation de la religion» pour prohiber tout examen de la foi, notemment en terre d’islam, au moment où des millions de musulmans, surtout en Europe, aspirent à s’émanciper de la bigoterie et de l’intégrisme. Renversement des valeurs: l’antiracisme brandi par les despotes est mis au service de l’obscurantisme et de la discrimination de sfemmes. Il sert à justifier ce contre quoi il fut élaboré, ‘oppression, les préjugés, l’inégalité.
L’ONU devient ainsi, entre les mains de ces lobbys puissament organisés, un instrument de régression internationale alors qu’elle était censée promouvoir le droit, la paix, la dignité humaine.
Face à cette bouffonnerie annoncée, l’attitude de la France et de l’Europe dit être claire: le boycott pur et simple, à l’image de ce qu’a fait déjà le Canada. Peut-être faudrait-il songer aussi à dissoudre la Commission des Droits de l’Homme ou à n’y admettre que les pays qui sont d’authentiques démocraties. Il n’est pas tolérable qu’en 2008 comme dans les années 30, les seuls régimes qui respectent le droit, le multipartisme, la liberté d’opinion et d’expression soient trainés au Tribunal de l’Histoire par des lobbies de fanatiques et de tyrans.
First signatures:
- Sharon Adler; Editor-in-chief AVIVA-Berlin and photographer, Berlin, Germany
- Nasrin Amirsedghi; Publicist, Mainz, Germany
- Seyran Ates; Lawyer and author, Berlin, Germany
- Prof. Russell A. Berman; Stanford University, Editor Telos, USA
- Prof. Pierre Birnbaum; University Paris I, France
- Pascal Bruckner; Novelist and essayist, France
- Paulo Casaca; Politician and Member of European Parliament, Portugal
- Thierry Chervel; Journalist, Berlin, Germany
- Nina Farhi; Psychoanalyst, London, Great Britain
- Moris Farhi; Writer, London, Great Britain
- Alex Feuerherdt; Journalist, Bonn, Germany
- Dr. Ralph Giordano; Journalist and author, Cologne, Germany
- Gabi Gleichmann; Essayist and writer, Norway
- Lars Gustafsson; Poet, philosoph, romancier, and the former Editor-in-chief Bonniers litterära Magasin, Sweden
- Gabriel Heimler; Artist, Berlin, Germany
- Prof. Jeffrey Herf; University of Maryland, USA
- Katharina Höftmann; Student of psychology, Berlin, Germany
- Dr. Martin Jander; Historian, journalist, Germany
- Britta Jürgs; Publisher AVIVA publishing house, Berlin, Germany
- Dr. Necla Kelek; Sociologist and author, Berlin, Germany
- Dr. Michael Kreutz; Orientalist, Erfurt and Bochum, Germany
- Jonathan Kriener; Orientalist, Bochum, Germany
- Dr. Matthias Küntzel; Author and Board member Scholars for Peace in the Middle East (German Chapter), Hamburg, Germany
- Prof. Dr. h.c. Arno Lustiger; Historiker, Autor, Frankfurt am Main, Deutschland
- Prof. Benny Morris; Ben Gurion University, Beer Sheva, Israel
- Thomas von der Osten-Sacken; Author and Head of Mission of Wadi in Iraq, Frankfurt/Main, Germany
- Dr. Diethard Pallaschke; University of Karlsruhe and Board member Scholars for Peace in the Middle East (German Chapter), Germany
- Dr. Mahmoud Rambod; Historian and sociologist, Bochum, Germany
- Peter Schneider; Writer, Berlin, Germany
- Saul Singer; Journalist Jerusalem Post and author, Tel Aviv, Israel
- Sacha Stawski; Honestly Concerned e.V. and Coordinating Council of German NGOs against anti-Semitism, Frankfurt/Main, Germany
- Dr. Sylke Tempel; Journalist and publicist, Berlin, Germany
- Benjamin Weinthal; Journalist (Haaretz/Jerusalem Post), Berlin, Germany